hands reaching towards each other in soft light

La kiné est-elle à bout de souffle économique ?

Récemment, je suis tombé sur une pétition portant sur le modèle économique de la kinésithérapie. J’écris ce post comme une manière de lui donner de la visibilité. Tout ceci dans un contexte où on tente de nous faire accepter la scandaleuse idée d’un déremboursement de la kinésithérapie.

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Je vais focaliser ce post pour donner des idées que je vois rarement plus que pour en faire une fenêtre précise sur ma pensée. Je vais aborder des points que je maîtrise peu également dans une optique de créer du débat public. Il y aura peut-être des points avec lesquels vous penserez que je raconte n’importe quoi. Parfois ce sera à juste titre, parfois ce sera vous qui croyez en savoir plus que moi à tort. N’hésitez pas à réagir, je partagerai vos réactions dans un autre billet si elles sont nombreuses.

L’auteur de celle-ci c’est Germain DELOS, un kiné spécialiste de l’épaule et formateur. Il en apporte les justifications dans un post instagram :

Je salue son initiative et notamment son envie affichée d’ouvrir le débat. J’ai envie de contribuer d’une certaine manière au débat public en vous donnant mes réflexions sur le sujet.

Le modèle économique est-il réellement à bout de souffle ?

Il y a des choses tellement répétées au sein de notre profession ou de l’espace public qu’il est difficile même de les questionner tellement on les prend pour acquises. Par exemple : “Un kiné ne gagne pas assez”, “Il faut réduire les dépenses de santé”, “Nos actes ne sont pas assez valorisés”, “Si un kiné n’a pas un intérêt financier à bien travailler il ne le fera pas”, “il faut responsabiliser les patients”…

Cependant, vous l’avez peut-être déjà remarqué, toutes ces affirmations témoignent de plusieurs visions politiques de la société. Elles sont empreintes notamment des doctrines néolibérales1 qui prédominent économiquement en France. Ces doctrines ont pour but de chercher l’efficience des marchés et la responsabilité individuelle.

Si on veut remettre le modèle économique de la kinésithérapie à plat, peut-être faut-il également s’intéresser au modèle économique de la France elle-même. C’est vraisemblablement dans cette lignée néolibérale qu’on parle de “trou de la sécu” à combler. Le trou de la sécu, c’est l’écart entre les dépenses de santé et les recettes engrangées. Les recettes viennent en grande partie des cotisations sociales.

Tableau des différentes dépenses de la sécurité sociale

Le “trou” artificiel de la sécurité sociale : une propagande pour pousser à une restriction économique

Il y a plein de problèmes avec cette manière de décrire les choses. Il n’est pas question de gérer une entreprise mais la santé publique. Les dépenses ne sont pas des pertes nettes mais des investissements. Même en analysant les choses de manière froide sans considérer le côté humaniste de ne pas laisser les êtres humains perdre leur santé, il y a des intérêts économiques à ces investissements.

Par exemple, une personne qui est malade et ne peut pas travailler génère moins de produit intérieur brut qu’une personne qui est en bonne santé et productive. Mais également, une personne qui est invalidée par un trouble orthopédique ou musculo-squelettique qui diminue sa capacité à se déplacer consomme moins et contribue donc moins à l’économie du pays. Enfin, même les gens qui ne travaillent pas et ne consomment pas peuvent impacter l’économie du pays en répandant une épidémie si on ne s’en occupe pas.

Quoiqu’il arrive, il faudra payer à un moment ou à un autre, soit avec les cotisations sociales qui permettent que chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoive en fonction de ses besoins, soit individuellement en payant les soins de notre poche, soit en faisant rentrer l’argent d’ailleurs comme de nouvelles recettes ou de la dette. Sinon, le coût se fera dans la baisse de la productivité du pays et de la consommation. Dans ces options, on a probablement plutôt intérêt à se mutualiser parce que généralement les malades sont ceux qui, in fine, ont moins de moyens. C’est également plus “agréable” de ne pas négocier tout seul le prix de son médicament contre le cancer avec un labo qui en détient l’exclusivité.

“Vous voudriez bien baisser un tout petit peu le tarif de ce médicament qui est la seule chose qui peut me maintenir en vie SVP ?”

businessman negotiating over phone offering cash and refusing offer
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Pourquoi ces circonvolutions dans mes explications ? Parce qu’il est important de se rappeler ce qu’impliquerait un modèle 100% déconventionné quand on veut réformer le modèle économique de la kiné. Si on remet tout à la responsabilité individuelle, un peu comme aux États-Unis, il y a des chances que le système soit moins efficient que le système actuel. Il est important également de se rappeler que la réduction des dépenses n’est qu’une option. Il existe des alternatives contrairement à ce que nous disent Margaret Thatcher et l’extrême-centre2.

Les problèmes des kinés libéraux : plus large qu’un problème économique

Pour apporter des solutions, il peut être utile de bien identifier les problèmes. Je n’ai pas la prétention d’avoir suivi une méthodologie qui me permet d’identifier de manière systématique les problèmes expérimentés par les kinés. Une analyse au doigt mouillé ne vaut pas grand chose mais je n’ai pas l’impression que les autres analyses que j’ai pu observer avaient une meilleure méthodologie. Les études sur le burnout sont des excellentes fenêtres vers des axes problématiques de notre profession.

Le problème de l’épuisement professionnel

Une étude de la Carpimko réalisée en 2020 a trouvé que plus de 2/3 des praticiens présentaient des signes d’épuisement avec 40% de ceux-ci étaient sévères. Il existe encore plusieurs autres études qui vont toutes dans la même direction (l’étude SPS, l’étude de santé publique france,…) . Une étude commandée par l’ordre et réalisée par Didier Truchot a été menée en 2019 et reconduite en 20253. Une dégradation des scores a été retrouvée avec 12 stresseurs perçus retrouvés :

  • La charge de travail élevée.
  • L’agressivité des patients.
  • Les incivilités des patients.
  • Les relations et communications problématiques avec des collègues extérieurs (e.g., médecins, spécialistes), ou des organisations (e.g., hôpitaux).
  • La dégradation de l’état des patients.
  • La peur de mal faire son travail auprès du patient.
  • Les difficultés financières, les revenus trop faibles.
  • Une charge administrative lourde, complexe et chronophage.
  • Le sentiment d’injustice, de manque de reconnaissance de la part des patients.
  • La crainte de mal effectuer son travail. (Ce n’est pas une redite, ce stresseur parle des causes externes : manque de temps, mauvaise ambiance…)
  • Etre témoin de la souffrance des patients.
  • Les menaces de poursuite, la judiciarisation.
Image où il est écrit "Résultats de l'enquête nationale sur les conditions de travail et santé des kinésithérapeutes"

Notez bien que tous ces stresseurs sont déterminés par du déclaratif. Un questionnaire rempli par les kinés avec une partie qualitative à la fin pour recueillir des infos supplémentaires. Ainsi, ce questionnaire évalue les perceptions plus que des stresseurs réels. Par exemple, les menaces de poursuites perçues ne se traduisent pas forcément par une augmentation du taux de poursuite. Ce n’est pas mon champ d’expertise, je ne sais pas vraiment où trouver les statistiques mais la MACSF indiquait seulement 4 kinés mis en cause sur toute l’année 20244.

Le problème n’est peut-être pas le risque de poursuites en lui-même mais la perception du risque qu’en ont les kinés.

La rémunération, ce coupable facile

Une réponse sur laquelle les kinés ont insisté dans l’étude commandée par le conseil de l’ordre, régulièrement martelée par les kinésithérapeutes est le problème de la faible rémunération.

coins and banknotes scattered on gray wooden surface
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Les participants qualifient leur rémunération d’« indécente », « ridicule » ou
« honteuse ». Certains reprochent d’ailleurs à notre questionnaire de ne pas avoir
suffisamment insisté sur cette question de la rémunération.

En fait, les kinés faisaient toujours un lien entre chaque problème et la rémunération même quand les rapports semblent vraiment très indirects comme par exemple l’empathie ressentie pour le patient et l’argent reçu…

J’ai l’intuition qu’augmenter la rémunération est une solution un peu simpliste à un problème un peu plus complexe. Un peu à la manière que les gens d’extrême-droite ciblent toujours l’immigration comme cause à toutes nos misères.

De la même manière, si augmenter la rémunération est une voie envisageable pour que les kinés puissent diminuer leur nombre d’actes et par conséquent leur charge de travail, il n’est pas dit que ce soit ni la seule voie, ni la meilleure pour améliorer la qualité de vie des kinés.

La rémunération : Une cible ?

Un des problèmes de l’augmentation de la rémunération pour diminuer les difficultés rencontrées par les cliniciens libéraux, c’est que le risque est qu’ils gagnent plus d’argent sans changer leur charge de travail. Pourquoi ? Parce que d’après le rapport de Truchot, le workaholisme, une sorte d’addiction au travail, est très présente.

Le côté très indirect de notre rémunération contribue à ce que des kinés qu’on interroge sur combien ils gagnent peinent à répondre. Augmenter notre rémunération peut ne pas suffire à s’occuper du stresseur qu’est l’irrégularité des revenus qui oscille entre “parfois” et “assez souvent” dans les réponses des kinés à l’enquête.

Un autre problème évident, c’est que ce n’est pas forcément la rémunération le coeur du stresseur mais l’érosion du pouvoir d’achat. Pour bien remettre en contexte selon l’UNICEF :

  • 15,9% des enfants vivent dans un ménage en situation de privation matérielle et sociale (taux supérieur à la moyenne européenne)5
  • 2043 enfants dormaient sans toit la nuit en 2024, 38 sont décédés6
  • 22,8 % subissent des privations alimentaires7 ; 11,9 % mangent de la viande, du poisson ou un œuf (ou l’équivalent en protéine) seulement une fois par semaine (ou moins souvent). Et 11 % mangent seulement une fois par semaine (ou moins souvent) des fruits et des légumes.
  • 22 % des ménages interrogés déclarent qu’il leur arrive de ne pas avoir assez à manger8.
Illustration de la synthèse de la consultation nationale de l'UNICEF concernant les 6-18 ans en 2024

Comparaison avec les autres ?

Sauf erreur de ma part, les kinés n’expérimentent pour la plupart pas ce genre de déconvenues. Ils ne sont pas obligés de compter chaque centime qu’ils mettent dans leur panier de course pour savoir quand ils doivent s’arrêter. Ils n’ont pas la crainte de ne pas avoir assez pour rentrer chez eux si jamais ils ratent leur train. Ils ne repoussent pas les consultations médicales au cas où il n’y aurait pas de tiers-payant.

Le problème des kinés n’est pas la pauvreté mais que leur train de vie perd en qualité, ce qui est problématique et stressant. Certains kinés qui ont contracté des prêts pour acquérir du patrimoine privé ou professionnel se retrouvent coincés à cause de leur pouvoir d’achat perdu. On ne change pas de maison d’un claquement de doigt en cas de difficulté à rembourser le crédit qui était tout à fait soutenable il y a 5 ans avant l’inflation économique.

Graphique sur la distribution des salaires mensuels nets en équivalent temps plein en 2024 de l'Insee

Comment on se place par rapport à la population ? D’après l’Insee et dans le secteur privé, le salaire net médian des français était à 2 190€/mois en 2024 en équivalent temps plein. Celui des bac +5 ou plus était à 2470€/mois en 2021, 2022 et 2023 tout temps de travail confondu. D’après les chiffres de l’UNASA, le bénéfice comptable après impôts et taxes en 2023 des kinés était à 32 230€/an soit environ 2 686€/mois. Les kinés dans l’étude de Truchot déclaraient travailler en moyenne 43 heures par semaine contre 42,3 heures par semaine pour les “professions intellectuelles supérieures” des chiffres de l’Insee.

Soyez vigilants, il est possible que j’ai mélangé des poires avec des oranges, je ne suis pas à l’aise avec ces données.

L’efficience c’est une bonne chose ?

Un volet dans l’appel à changer le modèle économique, c’est la volonté d’efficience affichée : pouvoir faire un meilleur résultat avec moins de séances. Au-delà du rendement, c’est plutôt la qualité qui est mise en avant. Par exemple il est proposé d’espacer la fréquence des séances, mais au prix d’un bilan initial bien plus complet (et mieux valorisé). L’objectif est de rendre les patients plus autonomes.

S’il n’était question que de faire des économies dans la volonté d’autonomiser, on pourrait remettre en question cette charge qu’on fait peser sur les patients qui parfois n’ont plus la résilience de lutter. Mais l’auto-gestion par les patients ayant des maladies chroniques semblerait améliorer la qualité de vie également9. Par conséquent c’est sûrement un virage souhaitable qu’il faudrait probablement valoriser dans notre prise en soin. C’est déjà quelque chose qui commence à être pris en compte avec la démocratisation de la télésurveillance et de son remboursement mais pas assez intégré dans nos modèles économiques libéraux et encore moins chez les patients ayant des troubles musculo-squelettiques.

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Il faut être vigilant à ce que l’autonomisation ne devienne pas un vecteur d’errance thérapeutique. Pour les patients les plus fragiles, les patients dépressifs, les personnes en épuisement, des injonctions à l’autonomie peuvent parfois se traduire en un abandon de leurs soins faute de capacité à les entreprendre seuls.

Il faut être vigilant aussi à ce qu’un nouveau modèle économique ne soit pas utilisé pour réduire encore plus la couverture des patients en retirant ce qui n’est pas “nécessaire”. Tout ceci en prétextant toujours que faire des coupes budgétaires est la seule option acceptable.

Des idées pour améliorer la qualité de vie ?

Concernant la rémunération

En prenant les stresseurs perçus et en essayant de les interpréter au vu du contexte social français, voilà des idées qui peuvent émerger.

Concernant la rémunération, le problème n’est pas forcément que celle-ci est “ridiculement basse” mais plutôt qu’elle ne suive pas l’évolution du coût de la vie ce qui rend difficile pour ceux qui investissent dans du patrimoine. Une des solutions est donc d’augmenter la rémunération mais c’est une solution à renouveler régulièrement.

Une autre manière de gérer cela serait de créer la lettre-clé en euro constant, ce qui impliquerait qu’elle suive l’inflation, à la fois en augmentant les revenus lors d’une inflation ou à les diminuer lorsqu’elle décroît. Le problème étant que ça renforcerait l’irrégularité des revenus.

stock market trading chart with candlestick pattern
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Une autre possibilité serait peut-être aussi d’aménager des prêts spécifiques dont le taux est dynamique et suit le cours de la vie pour les professionnels de santé au titre qu’ils ne peuvent pas impacter directement leurs revenus vu que c’est la sécurité sociale qui gère.

Peut-être même faire en sorte que les municipalités puissent elles-mêmes acheter le patrimoine professionnel et éventuellement les locations immobilières personnelles pour les louer à des tarifs dynamiques pour les pros de santé.

Concernant la charge qui pèse sur les pros

La charge de travail n’est pas qu’une question de bien-être des professionnels mais de soutenabilité du système de soins. L’attention des médecins est par exemple diminuée lors de surcharge de travail10. Il vaut mieux ne pas être le patient de 19h30 le mercredi soir. C’est similaire pour les infirmiers qui peuvent poser des dangers pour la sécurité11.

Augmenter la rémunération pourrait avoir un impact positif sur la charge de travail. Mais ces changements pouvant également être totalement négligeables si les professionnels n’aménagent pas leur planning en conséquence. Et le changement est coûteux pour des personnes qui sont déjà au bord de l’épuisement. C’est d’autant plus vrai qu’avec le manque de confiance dans les instances, on peut être tenté de travailler davantage même en sécurité, en cas de coup dur futur. Pourquoi ce manque de confiance ? La sécurité sociale n’a par exemple pas tenu ses engagements lors du 7ème avenant à notre convention nationale.

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Utiliser l’argent dans des structures et mécanismes communs plutôt qu’en les donnant individuellement aux professionnels pourrait être plus efficace à long terme :

  • Un agenda en ligne gratuit pour tous les professionnels qui empêcherait les abus de position dominante et permettrait de directement et automatiquement faire les tâches administratives pénibles.
  • Créer un service public qui visite les cabinets de manière hebdomadaire pour s’occuper de la gestion administrative, à la manière qu’un service d’éboueur passe pour s’occuper des déchets. Cela pourrait atténuer la multiplication des rôles qu’on demande aux thérapeutes.
  • Créer un service de veille littéraire qui informe de manière plus régulière des évolutions des connaissances et surtout de l’intégration dans la pratique de celles-ci avec possibilité de questions-réponses rapides. Cela pourrait réduire la souffrance de la peur de mal faire.
  • Créer un service de médiation pour gérer des situations difficiles entre professionnels et/ou avec des patients lorsqu’elles sont conflictuelles.
  • Créer un système de rémunération réaliste des tâches nécessaires à la pratique quotidienne mais qui ne touche pas directement le soin : comme la lecture d’articles, le contact des autres professionnels, la rédaction de courriers et du DMP…

Une réforme économique et politique plus large

Peut-être que s’éloigner de la tarification à l’acte pour aller vers d’autres modes de financement pourrait être salvateur. On pourrait envisager d’être payé à l’heure. On peut entendre les craintes concernant l’accès aux soins, mais couplé à l’autonomisation et un travail mieux ciblé grâce au temps de bilan pris, on est peut-être vers la vraie efficience plutôt que la multiplication d’actes de mauvaises qualité.

Cela permettrait également d’inclure une rémunération de la veille de littérature, et d’autres éléments nécessaires aux soins mais qui ne sont pas tarifés. Cela permettrait de vivre autrement les lapins qui sont toujours vus comme des pertes de temps chez des professionnels qui en manquent.

Cela a bien été appuyé dans la pétition de Germain DELOS, la place des kinésithérapeutes doit être à revoir. La relation avec les autres professionnels est un stresseur. La difficulté de passer après les médecins pas assez informés, ne prenant que 5 minutes avec leurs patients et qui n’ont pas les tenants et aboutissants de la kinésithérapie était décrit comme problématique dans l’étude de TRUCHOT. Une meilleure considération du kiné, passant par un parcours de soin moins médecin-centré et mettant plus en valeur nos compétences d’ingénierie plus que de techniciens pourrait solutionner ces problèmes.

Modèle alternatif de l'hôpital Virginia Mason

Si on en croit les expériences à l’étranger un parcours coordonné par les kinés aurait même les capacités d’avoir un impact positif sur les coûts de santé des usagers ayant une lombalgie. À tel point que l’hôpital Virginia Mason a même dû arrêter ce modèle qui ne lui rapportait plus assez d’argent12. Des économies de coûts qui peuvent se répercuter sur des choses utiles à la santé.

Conclusion

J’achève ce billet de blog loin d’être exhaustif là dessus. Si jamais vous êtes en souffrance sachez que l’ordre met à disposition un service d’entraide et un numéro vert. Sans attendre un changement de modèle économique, vous pouvez trouver des ressources utiles à divers endroits qui ciblent une partie des stresseurs abordés.

Vous pouvez par exemple trouver une bonne partie de ressources gratuites pour vous aider à mieux appréhender le soin sur le site de KinéFACT, dans la partie ressources de ce site ou bien sur ma chaine youtube. Si jamais vous ne savez pas par quel bout commencer pour essayer de gérer vos patients autrement qu’en étirant des muscles tendus pour corriger la posture ou en appuyant très fort sur les trigger points, le livret de Greg Lehman est une lecture salutaire pour une initiation.

En dehors des ressources gratuites, je vous encourage à vous former. Mieux comprendre ce qu’il se passe, ça aide à diminuer la détresse ressentie face à un patient qui ne s’améliore pas. La plupart des kinés en détresse avaient peur de faire mal à leurs patients, si c’est votre cas rassurez-vous, et si vous n’y arrivez pas, venez en formation Gérer la douleur ! Vous pouvez aussi jeter un œil aux formations neuros de Miguel GALAN, Bryan LITTRÉ ou Laurent FABRE qui peuvent vous aider à mieux comprendre ce qu’il se passe chez vos patients ayant des douleurs également.

La formation de Théo CHAUMEIL sur “Référer comme un pro” peut aussi aider à diminuer les relations conflictuelles avec les prescripteurs. D’autres formations de communication peuvent diminuer les relations conflictuelles avec les patients comme la formation d’Entretien Motivationnel de Vincent HAMEL et Aurélie LACOUR ou même la formation d’Hypnose de Théo CHAUMEIL qui est un bijou sur la relation thérapeute-patient.

Si vous nagez avec l’administratif, sachez que vous n’êtes pas seuls. Et cela peut parfois cacher un trouble traitable comme un TDAH ou bien même un trouble de l’humeur.

Je vous souhaite une belle vie !

  1. Adam, M. (2025). Néolibéralisme. Géoconfluences. https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/neoliberalisme ↩︎
  2. Deneault, A. (2024, November 1). Le vrai visage de l’extrême centre. Le Monde diplomatique. https://www.monde-diplomatique.fr/2024/11/DENEAULT/67738 ↩︎
  3. Truchot, D. (2026). Stresseurs professionnels et santé psychologique chez les kinésithérapeutes libéraux français. Une étude nationale. Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes. https://www.ordremk.fr/wp-content/uploads/2026/07/rapport-kinesithapeutes-liberaux-2026.pdf ↩︎
  4. MACSF. (n.d.). Décisions civiles – Rapport annuel. MACSF.fr. Retrieved August 24, 2026, from https://www.macsf.fr/le-risque-des-professionnels-de-sante-en-2024/decisions-de-justice-et-avis-cci/les-decisions-civiles/bilan-2024-des-decisions-issues-des-procedures-civiles ↩︎
  5. Analyses et chiffres clés de l’Observatoire – Pauvreté. (2024, November 18). UNICEF. https://www.unicef.fr/actions-humanitaires/observatoire-des-droits-de-lenfant/analyses-et-chiffres-cles-pauvrete/ ↩︎
  6. Analyses et chiffres clés de l’Observatoire – Pauvreté. (2024, November 18). UNICEF. https://www.unicef.fr/actions-humanitaires/observatoire-des-droits-de-lenfant/analyses-et-chiffres-cles-pauvrete/ ↩︎
  7. Consultation nationale des 6-18 ans 2024. (2024, November 19). MyUnicef. https://my.unicef.fr/article/consultation-nationale-2024/ ↩︎
  8. Analyses et chiffres clés de l’Observatoire – Nutrition. (2026, January 26). UNICEF. https://www.unicef.fr/actions-humanitaires/observatoire-des-droits-de-lenfant/analyse-et-chiffres-cles-sur-la-nutrition/ ↩︎
  9. Huang, Y., Li, S., Lu, X., Chen, W., & Zhang, Y. (2024). The effect of self-management on patients with chronic diseases: A systematic review and meta-analysis. Healthcare (Basel, Switzerland), 12(21), 2151. https://doi.org/10.3390/healthcare12212151 ↩︎
  10. Dolev, T., Zubedat, S., Manor, I., Bloch, B., Blondheim, O., & Avital, A. (2022). Differential impact of work overload on physicians’ attention: A comparison between residential fields: A comparison between residential fields. Journal of Patient Safety, 18(6), e971–e978. https://doi.org/10.1097/PTS.0000000000000997 ↩︎
  11. Dolev, T., Zubedat, S., Manor, I., Bloch, B., Blondheim, O., & Avital, A. (2022). Differential impact of work overload on physicians’ attention: A comparison between residential fields: A comparison between residential fields. Journal of Patient Safety, 18(6), e971–e978. https://doi.org/10.1097/PTS.0000000000000997 ↩︎
  12. Flynn, T. W., Smith, B., & Chou, R. (2011). Appropriate Use of Diagnostic Imaging in Low Back Pain: A Reminder That Unnecessary Imaging May Do as Much Harm as Good. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy. https://doi.org/10.2519/jospt.2011.3618 ↩︎

2 réponses à « La kiné est-elle à bout de souffle économique ? »

  1. Avatar de Thomas
    Thomas

    Comme toujours, un vrai plaisir de lire de la nuance dans tes propos !
    Je te suis sur la grande majorité de ce que tu énonces, bien que je ne crois que difficilement à un service de veille littéraire efficace, et j’en crains le parasitage par des intérêts privés. Aussi, la tarification à l’heure, bien qu’une idée intéressante sur le papier, semble facile à contourner. J’en ai vu des collègues ne jamais faire de bilans et ne surtout pas oublier de les pointer. S’ils déclarent passer du temps à une tâche autre que du soin, qui sera là pour vérifier?
    Autrement, merci pour ton travail sensé et à Germain pour le sien aussi. J’adhère vraiment à votre dynamique et je croise les doigts pour une évolution favorable de la profession !

    1. Avatar de ThinKin' | Anthony HALIMI

      Le service de veille efficace me semble pas insurmontable dès lors qu’on lui met un peu de budget.

      La tarification à l’heure est imparfaite, mais le but c’est que ce soit mieux que ce qu’on a actuellement, pas que ce soit parfait. On peut déjà frauder avec la tarification à l’acte donc passer à une tarification horaire n’y changerait pas grand chose. Y’a déjà des indépendants qui se font tarifer à l’heure et on repère qu’ils mentent sur le fait que leur productivité ne colle pas réellement aux heures annoncées.

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